Classe 3HB de Steve et Sylvia

 

 

Rien ne sert de courir, il faut partir à point…

Lorsque j’ai préparé ma première leçon de bricolage pour ma classe de 3H, j’ai fait ce que l’on appelle dans les hautes écoles une analyse à priori. Pour être simple, j’ai tenté dans ma préparation d’anticiper toutes les difficultés que je pouvais rencontrer afin, avant tout, de les éviter. J’ai pris un certain temps de réflexion car ma dernière leçon menée dans cette branche avec une classe remontait en l’an 2005… une éternité !

Ce mercredi 4 septembre, c’est d’un pas déterminé et confiant que je me suis rendu dans ma petite école de Ponthaux. Il faisait beau et chaud, comme très souvent en début d’année scolaire. La matinée débute sur les chapeaux de roue. Les différents apprentissages se succèdent à un rythme effréné comme souvent avec des enfants d’environ 7 ans qui ont une soif d’apprendre illimitée ! A peine commencé, on arrive déjà à la récréation, moment d’insouciance agréable où élèves et enseignants prennent l’air. A ce moment précis, j’étais à mille lieux d’imaginer les 100 minutes qui allaient suivre…

Dans un premier temps, je donne mes consignes. Puis assez rapidement, je sépare les élèves en deux groupes. L’un dans la salle de bricolage pour peindre en noir une assiette en carton, l’autre dans la salle de classe afin de découper des étoiles qui serviront à la décoration extérieure de l’école. Malgré d’incessants allers-retours entre les deux espaces juxtaposés, j’ai eu très rapidement la désagréable impression de ne jamais être au bon endroit… A cet âge, les élèves sont très efficaces ou très rapides ! Au final, j’avais le sentiment d’être une toupie maculée de peinture noire. Petite correction, pour la peinture noire ce n’était pas une impression car j’en avais partout sur mes vêtements. Voilà 100 minutes qui m’ont paru être un sprint. Wouahhh j’ai eu chaud !

Soulagé d’avoir terminé ma mission, je pars à la maison pour profiter d’un repas bien mérité. C’est à ce moment-là que je reçois un sms d’une aimable collègue qui me dit : « Ne t’inquiète pas, j’ai récupéré les assiettes qui séchaient dans la cour d’école. Bon appétit ! »…

Le surlendemain, afin de me rassurer peut-être, j’ai demandé à mes élèves comment ils avaient trouvé la leçon de bricolage. En chœur, ils m’ont répondu : « Super ! ». J’étais donc à moitié rassuré… quand une petite voix au fond de la classe ajoute : « Tu as beaucoup couru ! ». J’étais donc complètement rassuré… Ils sont magiques ces élèves pour lever les doutes de leur enseignant.

Steve Guillod, enseignant 3H à Ponthaux